Journée 8

Après de multiples débats, activités, soirées à thème ou encore projection de film, le moment est maintenant venu pour l’acte final : un débat sur la privatisation de l’eau ! Maintenant que nous sommes devenus des experts hydriques, que nous avons pu nous façonner notre propre idée sur la problématique qui l’entoure, l’heure du verdict a sonné ! Et pour étayer les délibérations il n’est d’autre personne plus habilité que Alain Adriens pour assumer – et assurer – cette fonction. Ce dernier est un homme politique belge bruxellois, membre et co-fondateur d’Ecolo. Chimiste, spécialisé en biochimie il a réalisé de nombreuses recherches en génétique moléculaire. Nous avons donc écouté son intervention avec joie et intérêt. Et la question de fond est simple : « A qui doivent-être imputés les frais de consommation en eau ? ». Aux consommateurs ? Aux services publics ? A un éventuel exploitant privé ? Nous comprendrons que cette troisième hypothèse est à oublier. Il convient à une entreprise d’accroitre sa marge bénéficiaire et non de la partager avec sa clientèle. Les autorités publiques, par contre, sont dans la possibilité de prendre en charge certains frais afin d’optimiser une distribution optimale et équitable. Car il est déplorable de constater que des millions de personnes sont dans l’incapacité de prendre en charge les frais inhérents à la distribution d’eau. Et outre le fait que nous pourrions dès lors nous retrouver dans une situation éthiquement assez limite, dans laquelle les plus démunis doivent se passer d’eau potable (!), cela représente également la porte ouverte à toutes les dérives. Pour vous en convaincre, un exemple concret : le tournage du film « Tambien la lluvia ». Le cynique producteur Costa et le jeune et idéaliste réalisateur Sebastian ainsi que toute leur équipe, arrivent en Bolivie pour tourner une fresque historique « sans concession » sur la colonisation de l’Amérique par Christophe Colomb. La mise en abîme – subtilement réalisée – intervient lorsque les acteurs locaux refusent de tourner car leur gouvernement à décider de léguer la gestion des réseaux hydriques aux mains d’un investisseur privé. Le parallèle entre le cadre historique et contemporain se transcende dans un film où l’équipe doit faire face à un dilemme : continuer leur film et mettre de côté les revendications locales ou profiter de la situation pour détourner l’objectif initial et mettre en exergue la problématique, en équation avec leurs convictions personnelles. Ils optèrent finalement pour cette deuxième possibilité dénonçant par un film poignant toute la démesure de la cupidité des entreprises privées. En effet, la perversion va jusqu’à faire payer les récoltes d’eau de pluie que la population met en œuvre afin de pouvoir (sur)vivre ! Il ne s’agit que d’un exemple, mais loin d’être esseulé, il représente à lui seul l’absurdité selon laquelle l’eau devrait – pour le bien de tous – être privatisée.

Alain Adriens : "Nous devons retrouver les vraies valeurs, de solidarité, du vivre ensemble car ce qui manque à nos vies aujourd’hui ce ne sont pas de choses mortes mais bien du sens".

Florence, Dorian et Dorothé : la fine équipe de l'ADG !

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