Journée 4

À l’occasion de ce quatrième jour de Campus Plein Sud 2011, c’est Dimitri Xanthoulis qui a cette fois accepté de prendre la tête du traditionnel « midi débat ». Le sujet étant axé sur « Les défis modernes liés à l’eau », notre intervenant était taillé sur mesure afin d’honorer ce rôle. En effet, depuis la réussite de son doctorat en sciences agronomiques avec la plus haute distinction, Mr Xanthoulis s’illustre par une carrière scientifique brillante depuis pas moins de 30 ans.

Pour illustrer ses propos, il prit la Conférence de Dublin de 1992 comme point de départ. Ce fut le tout premier rassemblement de ce type consacré aux problèmes liés à l’eau. Le but était d’en dégager des principes, défis, fondamentaux à même de pouvoir réguler la situation.

La première notion sur laquelle il insista est que l’eau représente un bien économique. C’est un fait, qu’on le veuille, ou non. Et il faut que ce concept soit intégré afin de pouvoir répondre aux défis suivants :

1.       Satisfaire les besoins humains en eau,

2.       Protéger les écosystèmes,

3.       Assurer l’approvisionnement alimentaire,

4.       Gérer les risques liés à l’eau,

5.       Valoriser l’eau.

(À noter que d’autres principes ont été exprimés lors de cette conférence, mais que ceux-ci sont les plus importants aux yeux de notre intervenant).

Si les quatre premiers semblent limpides, le dernier défi peut porter à confusion. Outre le fait qu’il reste assez vague, plusieurs voies semblent possibles pour y arriver. Globalement l’équation est simple : plus on augmente le prix de l’eau, plus les consommateurs rationnent leur utilisation, principe qui fait actuellement ses preuves en Wallonie. Et si le parallèle entre hausse des prix et privatisation n’est plus à prouver, d’autres effets secondaires ne sont pas à exclure. Par ailleurs, dans certaines situations, les pouvoir publics ne sont pas capables de subvenir aux besoins de leur population, dans quel cas, soumettre sa gestion à d’autres entités reste une solution efficace. Par ces deux exemples, Mr Xanthoulis sous-tend la notion que le but prévaut sur la manière. Reste à savoir quel sera le prix à payer pour assurer une eau de qualité en quantité à tous.

Dimitri Xanthoulis, président des ASBL « EPUVALEAU » et « HYDRAGRI »
Et quelques heures plus tard…
En ce jeudi soir, nous avions rendez-vous dans l’entre sacrée des étudiants, le cœur même de l’université de Gembloux battant au rythme des multiples activités nocturnes organisées maintenant  depuis plus de 80 ans au sein de la faculté, j’ai nommé : l’Assemblée Générale, ou AG pour les intimes. Une table en bois, quelques chopes, l’odeur de la cigarette mêlée à celle de la bière et le tout tapissé d’un fond musical : le décor est planté et nous attendons nos premiers convives. Cette fois ci pas d’intervenant, juste des étudiants investis d’un devoir moral et prêt à croiser le fer pour y parvenir : « l’eau, un droit pour tous ». Car, même si l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté et reconnu ce principe, le caractère non contraignant de cette déclaration nous pousse à l’accueillir d’un œil critique. À tour de rôle, chacun s’exprime sur le sujet, le tout animé par Maria Rodopoulou, une ancienne étudiante. Le double caractère de cette soirée (multi-culturalité et débat de fond) lui confère une saveur particulière. Et c’est avec plaisir que nous échangeons nos points de vue avec différents étudiants venu d’Haïti, du Benin ou encore de la Colombie et de la Grèce. La convivialité fut le maître mot de cette rencontre qui prit fin vers 22h.
Pour ceux qui ont apprécié ce moment, et pour tous les autres qui n’ont pas pu y participer, sachez que Maria Rodopoulou projette de (re)prendre en main l’organisation de soirées multiculturelles au sein même de l’AG. Pour plus d’informations, renseignez-vous auprès du conseil des étudiants.

L'AG, quartier général des étudiants.

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