Journée 2

Ce mardi 22 février fut agrémenté de, non pas une, mais deux activités !

Durant la pause de midi nous avons eu le privilège de recevoir Olivier Guillitte, membre fondateur de l’association Natagora. Cette organisation a comme objectif la protection de la nature en y enraillant la perte de biodiversité, cela en concordance avec les besoins inhérents à l’activité humaine. Via des exemples pratiques et quotidiens, notre intervenant a tenté de sensibiliser l’assemblée par rapport à son mode de consommation en eau. En effet, nous la consommons actuellement à une vitesse presque équivalente à celle de sa régénération. Cela particulièrement en Wallonie ou seuls les nappes phréatiques  sont mises à contribution. (Rappelons que la région de Bruxelles-Capitale exploite également les ressources de la Meuse).  Les conséquences directes en sont tout simplement une diminution du débit des sources, et donc, à terme, une mise en péril du biotope qui en dépend.

Cependant, loin de jeter la pierre aux consommateurs, Mr Guillite à souligné le rôle primordial – mais pourtant controversé – des institutions publiques. En effet, l’Etat se livre à un jeu dangereux. L’épuration et la gestion de l’eau coûte beaucoup d’argent, et les fonds nécessaires à cet effet sont directement crédités à la Banque Européenne via l’Etat fédéral, pour le compte de la Région Wallonne. Théoriquement tout se passe bien. Le crédit et son mode de remboursement ont tout simplement été évalués sur base d’une moyenne de consommation. Toutefois, si celle-ci venait à chuter brusquement, la Région Wallonne serait tout simplement en faillite. (A noter que la somme dite équivaut à celle engagée lors du plan Marshall, autrement dit 2 milliards d’euro). Nous nous trouvons donc dans la situation absurde ou l’Etat tient une place plus que paradoxale en promouvant d’une part les installations à même de rendre le consommateur autonome (le prime à l’installation de panneaux solaires en est l’exemple type), tout en maintenant une consommation en eau élevée afin d’assurer le remboursement de sa créance (alors que d’autres modes d’exploitations sont possibles via l’eau de pluie, notamment). Autrement dit, la gestion publique de l’eau n’est pas exempte de tout reproche, ce qui a le mérité de relancer plus que jamais le débat sur son éventuelle privatisation ! Nous attendons vos commentaires à ce sujet…

Si vous désirez plus d’informations, n’hésitez pas à consulter le site de Natagora : www.natagora.be

Olivier Guillit, fer de lance de l’association Natagora.

Le soir même, à 20h, le Centre Culturel de Gembloux nous ouvrait ses portes pour la projection du film « Water makes money ». Une petite quarantaine de personnes ont bravé le froid afin de venir prolonger le débat entamé quelques heures plus tôt dans les locaux de la faculté de Gembloux. Nous y retrouvâmes notre cher Olivier Guillitte, qui, après une brève introduction,  nous laissa face au long métrage controversé de Leslie Franke et Herdolor Lorenz. Controversé car il a – sans surprise – essuyé de nombreuses attaques, bien que peu d’entre-elles aient finalement abouties.

Le point central de ce film est simple et ce résume en une question : « Que pouvons-nous penser de la privatisation des biens publics ? ». Car, même si la réflexion reste cantonnée sur la situation hydrique Française d’abord, ensuite mondiale, elle peut se prolonger sur l’ensemble des biens gérés jusqu’ici publiquement. Et le débat est plus que jamais d’actualité. Après la prise en otage de services tels que la postes ou les transports en commun, certaines multinationales s’attaquent maintenant à un plus gros morceau : L’EAU. A cet effet, deux d’entres elles s’affrontent afin de contrôler ce marcher plus que juteux : Veolia et Suez. Ces deux mastodontes – regroupant un chiffre d’affaire de près de 50 millions d’euros – actent officiellement pour la défense de l’environnement. Cependant, d’après Leslie Franke et Herdolor Lorenz, leurs intentions seraient beaucoup plus perverses. Loin d’être objectif, ce long métrage dresse le procès de cette tendance visant à privatiser les biens gérés publiquement. Les intervenants défilent, la tension monte, les enjeux sont colossaux mais ne semblent pas pour autant déstabiliser les représentants de Veolia et Suez, parés a rétorquer à chaque offensive. Cependant le constat est là et s’avère être plutôt amèr : une fois privatisée, la distribution d’eau perd en qualité et coûte sensiblement plus cher aux consommateurs. Voilà pourquoi de nombreuses municipalités tentent de faire marche arrière en arrachant ce marché qui leur était dû. Le bras de fer est lancé, et seul l’avenir nous dira si l’argent prendra – une fois de plus – le pas sur la santé publique.

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